Parmi les trois heureuses patrouilles qui s’adjugèrent un « grand exploit » se détache les Hermines de la 7e Orléans, qui firent une exploration de tout l’orléanais, dans le meilleur style éclaireur. Sans copier un seul ouvrage, ils étudièrent les villes, les bourgades, les forets de leur beau pays, découvrant par eux-mêmes les détails d’archéologie, d’histoire, les aventures, les belles devises, la géologie, les monuments. Ils enrichirent leur travail de cartes et de magnifiques dessins. Ils sont sûrs d’aller au Jamboree. De leur travail j’extrais le beau poème de Jean de Mung qu’ils découvrirent eux-mêmes sur parchemin :
Une belle devise pour ton manoir ou écu personnel !
Le deuxième grand exploit de la série a été adjugé au Sanglier de la 2e Toulon pour la construction de tout un camp surélevé. Note que dans cette patrouille il n’y avait qu’un 1re classe et deux secondes classes. Mais ces « forts en technique » savaient entraîner les novices et leur apprendre bien vite leur science au lieu de se pavaner avec leurs insignes tout en toisant les « retardataires ». Ils firent un vrai camp et pas un travail de gamins. Une belle esplanade, en rondins pour la tente, une salle à manger, une cuisine modèle, deux escaliers d’accès (un pour le service probablement), un mât avec parterre, plus toutes les « commodités ».
L’Aigle de la 2e Melun s’adjuge aussi un grand exploit, avec un pont de singe, mais pas un pont de singe sur un quelconque ruisseau, un pont de singe sur la Seine, de 40 mètres de large. Le travail fut réalisé en quatre heures exactement par sept Eclaireurs bien qu’il ait nécessité des chevalets de bois très imposants. La patrouille note avec humour que le travail qui ne fut pas le moindre, fut… d’obtenir l’autorisation nécessaire de l’ingénieur de la navigation. Encore dut on spécifier que le pont serait du type « ponceau volant, ne nécessitant aucune détérioration des rives et n’étant en rien susceptible de gêner les pêcheurs ». La patrouille tint parole.
Parmi les exploits simples qui furent homologués par la Commission le 25 janvier, figurent également :
La réalisation d’une hutte de patrouille par le Lion de la 10e Strasbourg, qui permit à cette vaillante patrouille de faire tout son camp sans aucun matériel. Cette hutte est de type surbaissé comme les voitures de luxe. Elle résista à toutes les tornades et se révéla un abri chaud et confortable.
Te parlerai-je de la formidable exploration des Albatros de la 30e Paris en foret de Fontainebleau : suivre coûte que coûte un angle de marche de 121°. C’est peu de chose ; crois-tu ? Essaye donc ! Ajoutons que la patrouille s’entraîna deux mois à l’escalade à la tyrolienne sur une corde à linge du manoir. Le matériel était prévu dans le plus petit détail. La patrouille fabriqua même des guêtres d’un modèle nouveau capable de venir à bout des ronciers les plus denses.
La 1re Pontoise franchit le premier obstacle qui la sépare du Jam en détournant une rivière pour assécher un gué, fort utile au paysan du pays.
Le Lynx de la 7e Orléans fit une
exploration d’une journée entière dans les égouts de la ville : chasse aux
rats, chaleur torride des environs de l’usine à gaz, dégringolade dans un
gros « collecteur », remontée par une plaque en plein boulevard, tous les
incidents furent de la partie et la marche à la boussole n’a pas moins
d’utilité sous terre qu'en forêt.
Connais-tu l’«Ascalaphe » (drôle de nom) ? C’est le « chalet de mauvais temps » du Hibou de la 3e Dijon. Un vrai chalet de trappeur, en rondins, où l’on peut faire du feu, dormir, rêver, travailler quand on en a envie. Et puis si tout les gosses du pays s’y donnent rendez-vous on en fera un « fort carillon » ou un manoir d’Ayacks selon les circonstances.
La Mouette de la 13e Lyon a emporté l’exploit simple avec ses explorations de la grotte Doria prés de Chambéry. Les grottes n’étaient pas faciles et sans cordes, l’équipement, et les casques de guerre, elles n’auraient pas été vaincues. Les photos prises à l’intérieur révèlent une technique très sure.
C’est une reconnaissance en montagne de jour et de nuit accomplie dans un temps record qui valut le succès au Loup de la 2e Bordeaux.
Les derniers exploits simples qui furent entérinés sont les suivants :
En dernière minute enfin nous apprenons que la patrouille du Renne de la 6e Orléans s’est adjugée un grand exploit en faisant un arbre de Noël, construisant les jouets, faisant la décoration, organisant les distractions, etc… La patrouille des Alouettes de la 127e Paris s’est adjugée un exploit simple pour l’exploration du trou du Glaz (Isère), ainsi que les Cigognes de la 16e Bordeaux qui ont vécu pendant cinq jours de leur travail.