Ainsi, la guerre passée, le Scoutisme pus-il revenir triomphalement sur le devant dl' la scène mondiale. L'immédiat après-guerre allait être marquée par un grand Jamboree, réplique de celui qui aurait du avoir lieu en 1941, et que tes facéties du sieur Hitler avait assassiné dans l'œuf.
Bien sûr, il avait un nom tout trouvé : le Jamboree de la Paix, et un site prédestiné : la France.
Bien situé dans une grande boucle de la Seine, vers Mantes, ce camp international d'Août 1947 atteignit le chiffre record de 50 000 campeurs. On ne pus évaluer exactement le chiffre des visiteurs.
L'équipe de Presse à laquelle j'appartenais, et qui devait livrer sa copie dans des délais cauchemardesques puisque les activités étaient incessantes et que le journal devait paraître tous les matins, n'avait guère le temps de flemmarder. Le travail dans une baraque en planches sous la canicule, même accompli en culotte de toile ou simple maillot de bain, avec des compagnons aussi agréables que les frères Sainderichin, Claude Valette, Bertrand Poirot-Delpech, etc… était un peu plus qu'une partie de plaisir ! Comme pour les autres Jam, je ne pourrai évoquer ici que quelques images furtives ou frappantes de ces journées de Moisson. Je revois le " petit train " qui était une merveille d'ingéniosité, mais qui, circulant, fut-ce a vitesse réduite, au milieu d'une population turbulente et insouciante, causa pas mal de dégâts. Je dus signer ou orner de dessins bon nombre de plâtres dans la baraque-hopital. J' espère qu'ils n'ont pas tous été perdus, et que certains d'entre eux au moins figureront dans le Musée du Scoutisme au château de Thorey-Lyautey !
J'avais été chargé d'organiser la démonstration française. Nous l'avions montée avec le même luxe de mise en scène que dans les précédents Jamboree. Un tout petit garçon, sorte d'E.T. ou de Goldorak miniature avant l'heure (je me souviens que c'était un de mes scouts nomme Uruno Labergcrie), atterrissait sur l'aire de jeu dans un planeur et se trouvait avoir a affronter tous les ennemis du Scoutisme. Pour fabriquer d'affreux monstres, tous les spécialistes de l'art dramatique, comédiens-routiers en tête, n'avaient ménage ni leur imagination, ni leur savoir-faire. Le bruitage et la musique étaient grandioses. Les personnages géants avaient a combattre près de quarante troupes dirigées par le petit scout, personnifiant sous le nom de "Jambo " la jeunesse et l'avenir.
Un seul malheur : par suite d'une succession de retards imprévus dans le programme national, et de l'absence de tout horaire de remplacement disponible, la troupe française se produisit… entre 12 et 13 heures, dans une enceinte quasiment privée de spectateurs. Les impératifs de l'estomac en de telle circonstances passant généralement avant ceux de l'art.
Une petite anecdote à peine croustillante : avertis par des expériences un peu fâcheuses de promiscuité, dans les précédents jamboree, une rigoureuse séparation des sexes avait été instaurée au camp. Les campeuses, cheftaines ou guides, devaient respecter strictement le couvre-feu et regagner leur propre camp à l'heure pile. Cette discipline leur faisait manquer de nombreuses finales de feux de camp. Un beau soir, une dizaine de filles trop passionnées de spectacle se retrouvèrent en infraction au milieu du camp des " estafettes ". (Ces estafettes étaient des troupes d'éclaireurs, chargés de la liaison entre les P.C. des différents sous-camps.) Galamment, les estafettes offrirent leurs tentes aux filles et passèrent la nuit à la belle étoile. Mais les horribles " Foulards Rouges ", des routiers musclés chargés du service d'ordre dirigés par le sévère commissaire de de Riancourt, avaient eu vent de l'Affaire. Police et renseignement sont, bien sûr, les deux mamelles de l'ordre. Dès potron-minet, ils amorcèrent un vaste mouvement d'encerclement dans l' évidente intention d'épingler les coupables. On assista à une scène du plus haut comique. Tandis que quelques estafettes se sacrifiaient en simulant une violente altercation à la limite du camp pour attirer les " flics ", une grosse cohorte d'estafettes, ayant enfermé les filles au centre de leur dispositif, fonça, telle la Phalange Macédonienne de célèbre mémoire dans une direction opposée.
Abusés, décontenancés et certains peut-être un peu complices, les " Foulards Rouges " virent déferler un tourbillon humain qui se disloqua à large distance, à un endroit où quantité de visiteur et d'occupant légaux, garçons et filles, déambulaient déjà, et où il n'était plus possible de constater quelque flagrant délit que ce fut.