Il y a 50 ans exactement 30 000 garçons dont la moitié d'étrangers,
venus des quatre points de la planète, se rencontraient pour vivre ensemble la passionnante aventure d'un Jamboree
(" mot indien signifiant "rassemblement général des tribus") Scout.
Issus de 43 nations, ils représentaient toutes les races, toutes les religions et parlaient des langues différentes.
Ils ne se connaissaient pas et pourtant, ils se "reconnaissaient".Ils se reconnaissaient comme frères partageant un
même idéal, croyant aux mêmes valeurs, acceptant librement un même engagement, une même règle de vie : la loi scoute.
Au lendemain de la deuxième guerre mondiale, ils montraient au monde enlier que l'amitié pouvait être plus forte que
la haine et que la paix était possible entre hommes de bonne volonté.
Ce Jamboree était le sixième depuis que le fondateur du mouvement "Lord R. Baden Powell" en avait eu l'idée.
Il avait été précédé par ceux d'Olympia (Londre) en 1920,de Copenhague en 1924,de Birkenhead (Jamboree de la majorité)
en 1929,de Gödöllö (Hongrie) en 1933 et de Vogelensang (Pays Bas) en 1937.
Prévu pour1941, la guerre l'avait retardé. Pour la première fois, la France avait été choisie pour l'organiser.
Le site retenu était situé dans une boucle de la Seine, à Moisson (70 km de Paris). La réussite fut une éclatante
démonstration de l'imagination créatrice, de l'esprit d'initiative, du sens de l'accueil dont le.
Français pouvaient faire preuve, Le travail d'équipe, le partage des responsabilités, la confiance mutuelle,
la bonne humeur furent les règles de cette gigantesque entreprise menée à bien par toutes les associations scoutes
française de l'époque, réunie fraternellement.
Pas un seul participant n'a oublié ce qui bien souvent a été le plus enthousiasment souvenir de son adolescence.
Vouloir en quelques pages faire le récit de ce "Jam" mémorable serait une gageure !
Nous nous contenterons d'en esquisser l'ampleur par quelques chiffres :
Ce qu'il avait fallu réaliser ?
La préparation psychologique et morale des futurs participants avait été particulièrement poussée pour générer
un large esprit d'ouverture et de compréhension à l'égard des invites : perfectionnement en langues étrangères,
correspondances avec les troupes à recevoir, connaissance de leur pays, leurs coutumes et leurs particularismes
mais également : connaissance d'une France à leur faire aimer avec son passe historique, son patrimoine artistique
et littéraire, ses châteaux el monuments...
La France entière s'était sentie concernée et solidaire de cette prestigieuse entreprise :
l'armée avec son matériel lourd, la marine pour acheminer les délégations venues d'outre-mer,
l'Education nationale, les Arts et Lettre., la SNCF et les PTT...Tous apportèrent un généreux concours pour ses fils,
l'administration avait pris figure humaine et s'était dotée d'un cœur.
Les plus hauts représentants de l'État tinrent à manifester leur intérêt et souvent leur amitié en se rendant à Moisson :
le Président de la République, Vincent Auriol, de nombreux ministres comme Paul Ramadier, Georges Bidault, Robert Schuman,
le Maréchal de Lattre de Tassigny, le Général Köenig, les Amiraux d'Argenlieu et Ortoli...
furent particulièrement acclamés 60 visites officielles avaient été prévues...Il y en eut plus de 150.
Des étrangers célèbres, il faut retenir pour son affectueuse amitie, le Grand Duc héritier Jean de Luxembourg ainsi
que Mgr Griffin, Archevêque de Westminsler.
Lire la suite de ce recit... L'incroyable bateau des Lorrains (Partie 2)
Daniel PETIT